Dramaturge et romancier né à Bergen en 1968, il grandit dans l’ouest de la Norvège. D’abord attiré par le métier d’acteur, il commence à écrire pour le théâtre à 25 ans.
Maman et moi et les hommes (trad. Terje Sinding), pièce créée à Stavanger en 1998, le fait connaître en Norvège. Suivent
Brått evig (
Éternité soudaine),
Skygge av en gutt (
L’Ombre d’un garçon) et
Homme sans but (trad. T. Sinding), créée en France par Claude Régy à l’Odéon (2007). Puis il écrit
Jours souterrains et
Puis le silence (trad. T. Sinding), et dernièrement,
Je disparais (trad. Éloi Recoing).
“Chez Arne Lygre, on ne voit pas le travail de l’écrivain”, note Claude Régy. Le style sobre, l’écriture précise, réduite à l’essentiel et prodigieusement suggestive, font sourdre une violence souterraine et une force d’angoisse haletante. Ses “pièces de chambre”, comme il les qualifie, déploient des fictions étranges d’une construction dramatique implacable et d’une recherche formelle toujours inattendue. S’il construit des univers chaque fois autonomes, sans référence explicite à la réalité, celle-ci s’y réfracte pourtant avec une force d’évidence rarement atteinte. À leur manière si singulière, ses textes sont au diapason de l’évolution de notre société et de la façon dont nous y vivons. Ses œuvres romanesques sont encore inédites en français :
Min døde mann (
Mon homme mort) paru en 2009,
Tid inne (
Il est temps), recueil de nouvelles distingué par le prestigieux Prix Brage 2004, et
Et siste ansikt (
Un dernier visage).
Né en 1977 à Zurich, il vit en Suisse et à Johannesburg, puis étudie le jeu aux États-Unis et présente sa propre adaptation des
Estivants de
Gorki. De 2001 à 2004, il suit une formation à la mise en scène à l’Université de Hambourg et fonde le collectif VONTOBELhamburg. Il rencontre l’actrice Jana Schulz et entame avec elle une collaboration durable. Pour elle, il adapte
Philotas de Lessing en un monologue,
fi’lo:tas (2002), création aussitôt invitée dans les festivals européens. Il travaille au Thalia Theater de Hambourg et au Theaterhaus de Iéna, devient metteur en scène associé au Kammerspiele de Munich, au Deutsches Schauspielhaus de Hambourg et au Schauspielhaus d’Essen. En 2006, élu metteur en scène de l’année par la revue
Theater Heute, il reçoit le prix Gertrud Eysoldt pour sa mise en scène de
La Toison d’or de Grillparzer. Il se fait connaître par ses relectures audacieuses des oeuvres du répertoire (Kleist, Goethe, Grabbe, Schiller,
Ibsen...), qu’il inscrit scéniquement dans notre monde contemporain et réinterprète à la lumière des questions posées par notre société (emprise des médias sur la réalité, mondes virtuels...). Considérant la mise en scène comme une véritable écriture scénique, sa lecture des textes contemporaines (
Hilling,
Mayenburg, Ravenhill...) ne s’arrête pas non plus à une interprétation littérale. Il a dernièrement mis en scène
Don Carlos de Schiller (prix Faust 2010 du meilleur metteur en scène),
Penthésilée de Kleist,
Les Labdacides d’après Sophocle, Eschyle et Euripide et
Tous mes fils de Miller. À partir de 2011, il devient metteur en scène associé au Schauspielhaus de Bochum.