Julie Deliquet
Formée au Conservatoire de Montpellier, au Studio Théâtre d’Asnières puis à l’École internationale de théâtre Jacques Lecoq, Julie Deliquet s’impose comme une metteuse en scène de troupe, dont le travail fait dialoguer le répertoire et les écritures d’aujourd’hui.
En 2009, elle fonde le collectif In Vitro, avec lequel elle se fait remarquer en présentant Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce dans le cadre du concours Jeunes metteurs en scène du Théâtre 13, où elle reçoit le prix du public. Elle prolonge ce mouvement avec La Noce de Bertolt Brecht puis Nous sommes seuls maintenant, création collective. Ces spectacles constituent un triptyque repris intégralement au Théâtre de la Ville puis au Théâtre Gérard Philipe – centre dramatique national de Saint-Denis dans le cadre du Festival d’Automne à Paris 2014.
Elle signe ensuite Gabriel(le) pour le projet « Adolescence et territoire(s) » initié par l’Odéon – Théâtre de l’Europe, puis Catherine et Christian (fin de partie), épilogue du triptyque. Son travail est par ailleurs présenté dans de grandes institutions. À la Comédie-Française, elle met en scène Vania d’après Oncle Vania d’Anton Tchekhov en 2016, puis Fanny et Alexandre d’après Ingmar Bergman en 2019 et Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres… d’après Molière en 2022.
Elle poursuit ses mises en scène avec Mélancolie(s), spectacle inspiré de Les Trois Sœurs et Ivanov de Tchekhov, créé en 2017 au Théâtre de Lorient – centre dramatique national de Bretagne et présenté la même année au Théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d’Automne. En 2019, Julie Deliquet adapte Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin à la Comédie de Saint-Étienne – centre dramatique national ; le spectacle est ensuite repris à l’Odéon – Théâtre de l’Europe dans le cadre du Festival d’Automne. Elle réalise également Violetta, un court-métrage conçu pour la 3e scène de l’Opéra de Paris, sorti en salle pendant la pandémie sous le titre Celles qui chantent, aux côtés de films de Sergei Loznitsa, Karim Moussaoui et Jafar Panahi. Ce programme devait être présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes 2020. La même année, elle devient la marraine de la 29e promotion de l’École supérieure d’art dramatique de la Comédie de Saint-Étienne, avec laquelle elle crée Le ciel bascule à partir d’un travail d’écriture de plateau.
En mars 2020, Julie Deliquet prend la direction du Théâtre Gérard Philipe – centre dramatique national de Saint-Denis, où elle déploie un projet artistique mêlant productions, travail de troupe et compagnonnage artistique. Elle y créé en 2021 Huit heures ne font pas un jour d’après Rainer Werner Fassbinder et l’année suivante, Fille(s) de, spectacle co-mis en scène avec Lorraine de Sagazan, Leïla Anis et les actrices du collectif In Vitro.
En 2023, elle crée Welfare, d’après le film de Frederick Wiseman, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes au Festival d’Avignon. La même année, elle met également en scène Une nuit invisible nous enveloppe, spectacle de sortie de la promotion 2023 du Conservatoire national supérieur d’art dramatique – PSL.
En 2025, elle met en scène La guerre n’a pas un visage de femme d’après le livre de Svetlana Alexievitch, un spectacle choral porté par la parole des femmes. Créé en ouverture de la 39e édition du festival le Printemps des comédiens, la production poursuit aujourd’hui sa tournée.
Le 6 mars 2026, Julie Deliquet est nommée à la direction de La Colline – théâtre national.