Fil d'Ariane - hiver

Au creux de l'oreille

téléphone blanc Acte II

 dans des

 établissements

 de santé

 franciliens

 

 

découvrir
Poésie en boîtes

boite blanche Mots adressés à

 des bénéficiaires 

 d’établissements 

 médico-sociaux

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Live avec Wajdi Mouawad

télé blanche 13 avril 18h

 sur Facebook

prenez date

 

Fil d'ariane hiver

L’horizon perd de son tranchant. L’humeur du monde le brouille et sa ligne se détrempe. Heureux celui qui, hermétique à cette mélancolie collective, ne voit pas ses espaces intérieurs déteindre les uns sur les autres et parvient encore à savoir où il en est. Les paysages s’érodent les uns après les autres, une humidité à gros grain écrase tout, sans structure véritablement, nous regardons comme à travers un papier buvard, les taches d’un monde qui n’est plus et auquel on continue à s’accrocher. Le dessin que dilue la bavure ne retrouve jamais sa forme initiale.

- Qu’as-tu ? demande l’ami attentionné.

- Je ne sais pas.

Et comment répondre quand on parvient à peine à différencier les arbres d’avec leurs ombres, les visages d’avec leurs reflets et les mots d’avec les mots ? On sort de chez soi. On traverse rues et boulevards avec le sentiment de vivre à l’inverse. Mais l’inverse de quoi ne cesse-t-on de nous demander ? Et dans ce quotidien qui boite, chacun fait comme il peut et porte sa vie à bout de bras. Elle semble à la fois si dérisoire et si précieuse. On fait ce que l’on a à faire même si le sens nous est renvoyé à la figure. La marge de nos vies, marge à travers laquelle et grâce à laquelle on parvenait à s’extraire des vicissitudes de l’existence, cette marge-là est plus que jamais à la marge. Sans plus de raison d’être que de continuer à être, être devient une injonction anatomique : rester en vie. Redevenir animal reproducteur mangeant déféquant.

Pourtant ! Croquant la pomme au jardin d’Éden, on a pris conscience qu’il ne suffisait pas de vivre pour vivre, qu’il ne suffisait pas d’être vivant pour être vivant. Et tant pis pour le paradis ! Mieux vaut être maudit et vivre joyeusement dans la douleur et l’affliction, que de rester désolé de toute connaissance, assujetti à une joie béate.

Wajdi Mouawad, 9 novembre 2020

Lire l'intégralité du manifeste

Logo au creux de l'oreille Au creux de l'oreille Acte II

Murmurer à l’esprit la liberté de l’évasion
             quand le corps est contraint.

             Jane Birkin, marraine de Au creux de l’oreille

L’initiative Au creux de l’oreille lancée lors du premier confinement se prolonge aujourd’hui dans des établissements de santé franciliens. À partir d’avril, un groupe de lecteurs-comédiens ira à la rencontre de patients-auditeurs, par un simple appel téléphonique afin de partager des textes, des poèmes, des chansons. De quelques minutes à une demi-heure, avec l’aide des équipes de santé et d’animation des centres partenaires, chaque personne bénéficiera d’une rencontre humaine et poétique pour tenter de briser les distances.

en savoir plus   dossier de presse

Facebook Live  Rencontre live avec Wajdi Mouawad

   mardi 13 avril à 18h
   en direct sur la page Facebook de La Colline

La Colline accompagne les élèves et enseignants dans la préparation du baccalauréat option théâtre pour l’étude de l’œuvre Tous des oiseaux. Son auteur Wajdi Mouawad répondra à vos questions lors d’une rencontre interactive élaborée par 4 élèves de terminale et accessible via une retransmission en direct, puis disponible sur la chaîne YouTube du théâtre.

rencontre élaborée avec les élèves de terminale : Camille Gioria du lycée Saint-François d’Assise à La Roche-sur-Yon (85), Alexandra Grigoriou du lycée Franco-hellénique Eugène Delacroix à Athènes, Gaëtan Hirou du lycée Charles Baudelaire à Cran Gevrier (74) et Martin Willemin du lycée Victor Hugo à Paris (75).

 

Appel à participation

Les élèves sont dès aujourd’hui invités à poser leurs questions sur les réseaux sociaux avec #Tousdesoiseauxaubac et sur l’événement Facebook. 

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poesie en boite picto  Poésie en boîtes

   Mots adressés à des bénéficiaires
             d’établissements médico-sociaux

Revivre la joie, trop rare et si précieuse en ces temps de repli, de lire une lettre manuscrite, personnellement adressée. De jeunes volontaires amis du théâtre écrivent à des personnes qui résident ou fréquentent des établissements médico-sociaux partenaires (centres de soin, EHPAD, communautés thérapeutiques, …), comme un cadeau, une pensée, une invitation à la lecture.

Parmi les œuvres d’auteurs qu'ils ont pu découvrir à La Colline, ils choisissent chacun un court extrait, cher à leur cœur pour le transmettre à un destinataire inconnu et partager ainsi le plaisir d'écrire, le plaisir de lire, de prendre le temps de penser à l'autre.

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poesie en boite 2

Poesie en boite 1

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