mises en voix par la jeunesse
samedi 13 juin 2026 de 15h30h à 17h
à la bibliothèque Oscar Wilde
Envisagé comme un laboratoire de création, le Master de création littéraire de Paris 8 accompagne pendant deux ans des jeunes autrices et auteurs sur un projet d’écriture individuel. Souhaitant explorer le travail collectif autour du thème « écrire pour », les étudiants ont échangé avec les membres de la Jeune Troupe de La Colline. De cette rencontre sont nés cinq textes, qui seront interprétés par la Jeune troupe le samedi 13 juin 2026 de 15h30 à 17h à la bibliothèque Oscar Wilde.
les textes lus
- Au suivant d’Adélie Fayaud, Hélène Voigt, Margaux Lavêvre et Lou Séchan
Six personnes attendent devant une porte. Elles n’ont pas rendez-vous. Elles ne savent pas à quoi s’attendre. Certaines se rongent les ongles, d’autres farfouillent dans leur sac. L’ambiance est silencieuse, voire un peu gênante, ponctuée de reniflements. Entre échanges de mouchoirs, séance de karaoké et sermons divers et variés, elles tuent le temps.
- Brûle de Camille Flèche, Geoffrey Mohamed-Yoosuf et Marius Tisné
Il y a les cartes, les cartes, les joueurs et puis la chaise vide. Les joueurs viennent après le jeu. Ils sont là pour les règles et pour obéir à la loi cachée dans le paquet de cartes.
Il y a la Comtesse, une héritière qui perd sans lassitude des générations de fortune accumulée, Tim, le joueur inexpérimenté, qui camoufle derrière sa gouaille son anxiété. Il demande des cartes avec nervosité et serre chacun de ses jetons. Enfin, le croupier distribue les cartes avec une régularité de métronome. Les participants misent, hésitent, perdent. Tous pensent à la chaise vide, à la cave scellée et à la caméra au-dessus de la table.
Et si madame la Comtesse aime tant sa résignation, si Tim s'agrippe autant à sa mauvaise main, et si le croupier implore pour une triche correcte – c'est qu'au blackjack, perdre se dit brûler.
- Chifoumi d’Aaron Cohen-Yanay, Mathilde Cornut et Yannis Benzaïd
PIERRE, PAPIER et CISEAUX sont mi-humains mi-outils. La pierre fuit le dur. Le papier est d’une éloquence qui déborde. Les ciseaux séduisent par leur radicalité. Iels se connaissent depuis toujours mais leur adversité est structurelle : c’est la règle du jeu
- Le jour où elle perd sa langue de Leonor Courtoisie, Emmanuelle Hardy et Glenn Pouliquen
Une jeune chanteuse venue des montagnes, Michelle Star, rêve de devenir une véritable étoile. Entre petits emplois, auditions ratées et précarité, elle s’accroche à son désir de chanter jusqu’à être enfin repérée par la puissante directrice artistique, Madame Lagarde. Le succès arrive alors : contrats, tournées internationales et image façonnée par les sponsors. Tandis que sa carrière s’envole, Michelle perd progressivement le lien avec sa propre parole et avec le sens de ce qu’elle chante. Lorsqu’elle tente de reprendre le contrôle de sa création, elle se heurte au contrat qu’elle a signé. À partir de ce refus commence une lente disparition : d’abord sa voix, puis ses mains, et enfin sa langue.
- Le ragoût des apôtres d’Hugo Chevalley, Elsa Cellot et Fanta Sylla
A l’approche de sa crucifixion, Jésus organise le Comité́ de Lecture des Évangiles. Parmi tous les textes, il en choisira quatre. Cinq de ses apôtres sont venus. Ils mangent fastueusement et se repaissent de viande grillée. Jésus est vexé de voir que ses plus proches disciples sont absents et
propose de les attendre. Ce qu’il ne sait pas, c’est que les apôtres présents (Jean, Matthieu, Pierre, Jacques le Mineur et Judas) ont secrètement conclu un pacte pour évincer les meilleurs apôtres et être les seuls à écrire les Évangiles. Pour cacher toutes les traces de leur péché́, ils ont décidé́ de manger leurs camarades. Alors que Jésus les presse de lire leurs Évangiles, chacun digère à sa manière. Mais un traître demeure parmi eux et joue avec leurs scrupules…