Vivre le théâtre

une soirée conçue par Serge Tisseron et Wajdi Mouawad
lundi 16 février à 20h au Petit théâtre
• durée estimée 3h
 

en présence de Sabrina Baldassara, comédienne, Razek Benijder, enseignant en classe ULIS, Philippe Guyard, professeur agrégé d’histoire, directeur de l’ANRAT, Céline Langlois, comédienne et dramaturge, Stéphanie Laurent-Vissac psychologue et formatrice du J3F, Sabrina Marillier-Dubois, intervenante et formatrice du J3F, Serge Tisseron psychiatre, fondateur du J3F, Wajdi Mouawad et les lycéens Maelys Drif, Laure Le Clech, Jules Hauchecorne et élèves de 5ème du collège Camille Sée Nejma Ouarit, Alice Mattler, Camille Rechart Grimault, Nina Testa Pichevin
modération par Marie-Noëlle Clément, pédopsychiatre et psychothérapeute, formatrice au sein de l'association Développer l'empathie par le J3F (DepJ3F)
 

• capacité d’accueil limitée. Nous vous remercions de réserver uniquement si vous êtes en mesure d’assister à la rencontre, et d’annuler sans délai auprès de la billetterie, en cas d’empêchement.

Vivre le théâtre
Serge Tisseron et Wajdi Mouawad

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

Albert Camus, extrait du discours au prix Nobel à Stockholm, le 10 décembre 1957


À l’occasion de cette rencontre à La Colline, Serge Tisseron et Wajdi Mouawad dialogueront, avec des élèves, des professionnels de l’Éducation nationale et des acteurs engagés dans l’éducation artistique et culturelle, sur la place du théâtre dans la construction de l’empathie. 
Ce rendez-vous marquera aussi un moment symbolique : Wajdi Mouawad deviendra le parrain du Jeu des trois figures (J3F), qui célèbre cette année ses 20 ans. En 2006, Serge Tisseron, psychiatre et auteur de nombreux ouvrages sur l’empathie, a créé l’activité théâtrale Jeu des trois figures, destinée à être pratiquée en classe, de la maternelle au lycée, par les professionnels de l’Éducation nationale.

L’empathie, cette capacité à se mettre émotionnellement à la place de l’autre sans cesser d’être soi-même constitue en effet le socle des compétences psychosociales. En nous permettant d’envisager la multiplicité des points de vue et de rester disponibles à tous les dialogues, elle est la clé du bien-vivre ensemble et de l’éducation à la citoyenneté dans une société démocratique.

Pourquoi l’éducation artistique et culturelle ? Parce que tout ce qui favorise le rapprochement émotionnel avec quelqu’un de différent de soi et la prise de recul par rapport à ce qui est éprouvé contribue à développer l’empathie. Et c’est notamment le cas dans les rencontres esthétiques. Se rapprocher pendant quelques instants de l’état émotionnel qui a présidé à la création d’une œuvre mobilise grandement l’empathie. Et cela est encore plus fort lorsqu’un acteur incarne le texte. 

Le Jeu des trois figures, lui, a été conçu comme une activité spécifiquement dédiée à la prévention du harcèlement et de la violence. Il invite les élèves à être les acteurs d’une création théâtrale, souvent centrée sur les figures de l’agresseur, de la victime et du tiers, qui peut être simple témoin, redresseur de torts ou sauveteur. Développé en maternelle à partir de 2006, il a été ensuite adapté pour les élèves d’élémentaire et de collège, puis de lycée. L’activité est pratiquée dans leur classe par des enseignants formés par des professionnels de l’Éducation nationale. Son efficacité a été validée par deux recherches-actions. Il invite les enfants à adopter successivement des points de vue différents, à identifier leurs émotions et celles de leurs interlocuteurs. Sa pratique constitue également pour les enseignants un outil réflexif et éducatif qui leur permet d’apprendre à gérer leur classe en favorisant les compétences psychosociales et collaboratives de leurs élèves.

Des artistes ayant participé à des programmes d’éducation artistique et culturelle en lien avec La Colline, les enseignants qui les ont accueillis, des membres de l’Éducation nationale animant le J3F, ainsi que des élèves, seront invités à relater leurs expériences et à commenter ce qu’elles ont changé pour eux, notamment dans leur façon d’envisager leur activité d’enseignant, de formateur, d’acteur… ou d’élève.