Le fil d'Ariane

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Le Fil d'Ariane

 

L’horizon perd de son tranchant. L’humeur du monde le brouille et sa ligne se détrempe. Heureux celui qui, hermétique à cette mélancolie collective, ne voit pas ses espaces intérieurs déteindre les uns sur les autres et parvient encore à savoir où il en est. Les paysages s’érodent les uns après les autres, une humidité à gros grain écrase tout, sans structure véritablement, nous regardons comme à travers un papier buvard, les taches d’un monde qui n’est plus et auquel on continue à s’accrocher. Le dessin que dilue la bavure ne retrouve jamais sa forme initiale.

- Qu’as-tu ? demande l’ami attentionné.

- Je ne sais pas.

Et comment répondre quand on parvient à peine à différencier les arbres d’avec leurs ombres, les visages d’avec leurs reflets et les mots d’avec les mots ? On sort de chez soi. On traverse rues et boulevards avec le sentiment de vivre à l’inverse. Mais l’inverse de quoi ne cesse-t-on de nous demander ? Et dans ce quotidien qui boite, chacun fait comme il peut et porte sa vie à bout de bras. Elle semble à la fois si dérisoire et si précieuse. On fait ce que l’on a à faire même si le sens nous est renvoyé à la figure. La marge de nos vies, marge à travers laquelle et grâce à laquelle on parvenait à s’extraire des vicissitudes de l’existence, cette marge-là est plus que jamais à la marge. Sans plus de raison d’être que de continuer à être, être devient une injonction anatomique : rester en vie. Redevenir animal reproducteur mangeant déféquant.

Pourtant ! Croquant la pomme au jardin d’Éden, on a pris conscience qu’il ne suffisait pas de vivre pour vivre, qu’il ne suffisait pas d’être vivant pour être vivant. Et tant pis pour le paradis ! Mieux vaut être maudit et vivre joyeusement dans la douleur et l’affliction, que de rester désolé de toute connaissance, assujetti à une joie béate.

Wajdi Mouawad, 9 novembre 2020

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radio bleue

 L’autre à l’horizon

 Fenêtre sonore

tous les mardis à 21h en direct sur Facebook 

2ère émission mardi 1er décembre - durée 1h

Chaque semaine en direct sur Facebook, trois artistes font voyager la parole, se passant le relais pour raconter le présent dans lequel chacun se trouve. Depuis des pays différents, parfois même des fuseaux horaires et des continents différents, ils décrivent en temps réel, à celles et ceux qui écoutent, ce qu’ils voient depuis leur fenêtre, qu’elle soit réelle ou imaginaire, intérieure ou spirituelle. Chacun à leur tour, ils donnent à entendre la perception de leur propre horizon dessinant une fenêtre triangulaire dans un contexte qui nous rassemble.

Invités de la première émission - mardi 24 novembre

Nabil Canaan, co-fondateur et directeur de Station Beirut - espace d’art alternatif libanais

Marie-Josée Bastien, comédienne, metteure en scène et auteure québécoise

Wajdi Mouawad, auteur, metteur en scène, comédien, directeur de La Colline – théâtre national

Bouche à oreille picto Bouche-à-oreille

  Récit mobile

par téléphone

Dans ce jeu, il s’agit de faire circuler une histoire, de bouche-à-oreille, une histoire inventée par Wajdi Mouawad téléphonée à un premier interlocuteur, puis à un deuxième, qu’il soit spectateur ou artiste, qui transmet à son tour cette histoire très probablement enrichie de nouveaux détails, interprétations ou digressions.. et ainsi de suite jusqu’à ce que nous nous retrouvions au théâtre pour découvrir le récit final restitué par le dernier maillon de la chaîne.

aiguille bleue picto

Papiers brodés

  Au fil d’un texte

L’idée qui anime ce projet offert aux adhérents du théâtre est de « recoudre le lien que la terreur cherche à défaire ». Chaque participant recevra par voie postale un mot à broder dessiné par notre graphiste Pierre di Sciullo, accompagné d’un fil de coton, d’une aiguille et du mode d’emploi. Lorsqu’il sera à nouveau possible de se déplacer et de se réunir, les 200 premiers brodeurs et brodeuses volontaires seront invités au théâtre pour assembler chaque mot et faire renaître le texte collectivement.

participez

 

cadavre exquis bleu Cadavre exquis

  Correspondance en vidéos

à suivre sur nos réseaux sociaux

à partir de lundi 23 novembre

 

Il s’agit ici de tisser un récit fictionnel en vidéo, où chacun, qu’il soit artiste ou spectateur, en serait l'auteur. La chaîne, composée d’une vidéo par participant, est soumise à une règle simple : poursuivre l'histoire à partir de la dernière image de son prédécesseur. Chaque fragment vidéo sera diffusé sur les réseaux sociaux du lundi au vendredi et vous découvrirez le samedi l’intégralité de l’histoire. 

 

poesie en boite picto  Poésie en boîtes

  Mots adressés

Revivre la joie, trop rare et si précieuse en ces temps de repli, de trouver dans sa boîte aux lettres une enveloppe, manuscrite, qui nous est personnellement adressée. Y lire quelques lignes tracées, soigneusement choisies par un mystérieux expéditeur, comme un cadeau, une pensée, une invitation à la lecture.

De jeunes volontaires amis du théâtre renoueront avec le plaisir de l’écriture à la main. Parmi les œuvres d’auteurs qu'ils ont pu découvrir à La Colline, ils choisiront chacun un court extrait, cher à leur coeur pour le transmettre à un destinataire inconnu et partager ainsi le plaisir d'écrire, le plaisir de lire, de prendre le temps de penser à l'autre.

La Parole nochère

expérience poétique autour de la mémoire des disparus

par téléphone

reprise à partir de samedi 21 novembre

La Parole nochère invite qui le voudrait à témoigner de l’expérience de la perte d’un être cher, guidé par la voix d’un artiste à travers le combiné d’un téléphone. À l’issue de cette conversation le témoin peut adresser, seul cette fois-ci, les paroles secrètes de l’hommage qu’il souhaite rendre au disparu.

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