création
Una costilla sobre la mesa : Padre

présentation de Sacher-Masoch Le Froid et le cruel ou la question de la ressemblance

texte, mise en scène, scénographie, costumes et jeu Angélica Liddell

du 10 janvier au 7 février 2020 au Grand Théâtre

du mercredi au vendredi à 20h30, le mardi à 19h30

spectacle en espagnol surtitré en français

le spectacle est présenté en alternance avec Una costilla sobre la mesa : Madre

Je ne vois rien du monde visible.

Angélica Liddell

Una costilla sobre la mesa

Je viens de brûler mes parents, un corps puis l’autre à trois mois d’écart. Je ne pourrai plus jamais revenir d’ailleurs. Je ne veux pas me souvenir d’eux vivants. Je veux être accompagnée par leurs corps sans vie, leurs visages comme sculptés dans le marbre tels des masques du Non-sens et de la Déraison, leur repos enfin, ce mystère glaciaire, et l’immense douleur que j’ai ressentie en touchant la chair déjà froide. Je veux conserver l’image de leurs cadavres comme un médaillon en or dans ma mémoire, pour qu’elle me fasse pleurer toujours et ainsi avoir toujours à l’intérieur de moi l’image manquante, l’irreprésentable : l’image qui nous manquera toujours.

Chaque jour je m’efforce d’oublier leurs vies, qui sont la mienne, je ne veux avoir d’autre souvenir que leurs morts, leurs morts qui ont ramené à moi le géant du pardon et de la pitié.

À ma droite mon père mort, à ma gauche ma mère morte. L’amour tout en haut, sphérique et doré. Je t’aime, mon père. Ma mère, je t’aime.

À ma mère, j’offre en guise d’ultime cérémonie la pièce qu’elle aurait aimé voir, un voyage mythique jusqu’à la terre de ses ancêtres. Pour mon père, la meilleure offrande réside dans l’inintelligible, c’est-à-dire ce qui fait de nous des saints.

Angélica Liddell

 

À la suite de Madre, Angélica Liddell crée Padre, elle interroge la réalité de la vie par la religion et le dogme de la résurrection par la philosophie, convoquant notamment sur scène la pensée de Gilles Deleuze.

Comme toujours dans l’écriture d’Angélica Liddell, c’est dans l’expérimentation du plateau que l’écriture prend sa forme à travers l’addition des sensations, visuelles, sonores, performatives, orales, qui donnent naissance au lien entre le spectateur et le spectacle, lien toujours sacré, empreint d’un cérémonial qui appelle brutalement à l’éveil de la vie intérieure.

équipe artistique

texte, mise en scène, scénographie, costumes et jeu Angélica Liddell

avec Angélica Liddell, Oliver Laxe et Camilo Silva

assistanat à la mise en scène Borja López

lumières Jean Huleu

régisseurs plateau Nicolas Guy Michel Chevallier

production et diffusion Gumersindo Puche  

logistique Saité Ye

communication Génica Montalbano

Image © DR
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coproduction

IAQUINANDI S.L, La Colline-Théâtre National et Teatros del Canal (Madrid)

 

création à La Colline

partenaires média du spectacle

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